
Antonio Canova, Cupid and Psyche, 1794
En bref
Essai d’Herbert Marcuse qui relit Freud pour montrer que la répression des désirs dépasse ce qu’exige la civilisation, et qui esquisse une société libérée de la domination.
L’essentiel
L’essentiel
Éros et civilisation
- relit Freud :
Pour Freud, renoncer à la satisfaction immédiate est la condition même du progrès : le principe de réalité doit dompter le principe de plaisir. Marcuse prend cette thèse au sérieux, mais soutient que la théorie freudienne contient elle-même de quoi la dépasser.
« Le bonheur, dit Freud, n’est pas une valeur culturelle. »
Introduction (Freud cité par Marcuse) - distingue deux répressions :
Marcuse sépare la répression fondamentale, nécessaire à la survie de l’espèce, de la sur-répression, qui sert la domination sociale. Dans la société moderne, le principe de réalité prend la forme d’un principe de rendement qui organise le travail aliéné bien au-delà de ce que la nature impose.
ExempleSelon lui, Freud a tort d’imputer à la pénurie elle-même ce qui tient à la manière dont une société l’organise.
- dénonce un piège :
Dans sa préface, Marcuse avertit que la société industrielle avancée tolère des libertés sexuelles pour mieux intégrer les individus. Quand la sexualité devient marchandise ou argument publicitaire, elle renforce l’ordre établi au lieu de le contester.
ExempleL’usage calculé du sexy dans le commerce, la politique et la réclame en offre, selon lui, l’illustration la plus frappante.
- cherche d'autres figures :
Face à Prométhée, héros du travail et du progrès arraché par la peine, Marcuse invoque Orphée et Narcisse, figures du chant, de la beauté et de la contemplation. L’imagination, l’art et le mythe préservent selon lui l’image d’un accord retrouvé entre les humains et la nature, ce qu’il nomme le Grand Refus.
ExempleAvec Orphée, résume-t-il en substance, la parole se fait chant et l’effort devient jeu.
- esquisse une utopie :
Les progrès techniques, notamment l’automatisation, pourraient réduire au minimum le travail pénible et faire du temps libre l’essentiel de la vie. S’inspirant de Schiller, Marcuse imagine un travail devenu libre jeu des facultés humaines et une sexualité transformée en Éros, qui imprégnerait aussi les relations sociales.
ExempleSchiller fait de l’instinct de jeu le médiateur entre les sens et la raison, avec la beauté pour objet et la liberté pour but.
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Autour d’Éros et civilisation
Pour aller plus loin

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Sources
- Éros et civilisation — Wikipédia — CC BY-SA 4.0
- Q778527 — Wikidata — CC0 1.0
- Herbert Marcuse, Éros et civilisation, Les Éditions de Minuit, 1963 (lecture du livre) — Tous droits réservés
- Wikipedia (English) — Eros and Civilization — CC BY-SA 4.0
Texte sous licence CC BY-SA 4.0.
Citations : Wikiquote, sous licence CC BY-SA.
Wikidata : Q778527
Crédits des images
Cupid and Psyche — Antonio Canova — 1794 — Domaine public — Antonio Canova, via Wikimedia Commons · Commons


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