
Abraham Bosse, Leviathan frontispiece cropped British Library, 1651
En bref
Court réquisitoire d’Étienne de La Boétie (vers 1549) qui se demande pourquoi des peuples entiers obéissent à un seul homme, et répond : parce qu’ils y consentent.
L’essentiel
L’essentiel
Discours de la servitude volontaire
- pose une question :
La Boétie s’étonne qu’un seul homme, souvent médiocre, puisse opprimer des villes et des nations entières. Ni la lâcheté ni la force des armes n’expliquent selon lui ce mystère, car un peuple libre se bat avec un courage que la servitude ne connaît pas.
ExempleÀ Marathon ou à Salamine, une poignée de Grecs l’emporta sur d’immenses armées perses : la liberté triomphait de la domination.
- en tire une thèse :
C’est le peuple qui se soumet et consent à son propre malheur : pour se libérer, il n’aurait même pas à combattre, seulement à retirer son appui. Privé de ceux qui lui obéissent, le tyran s’écroule de lui-même, comme une statue dont on a ôté le socle.
« Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres »
Discours, p. 18 - explique d'abord :
Les hommes naissent libres et égaux, et même les animaux résistent à la captivité ; mais l’habitude finit par l’emporter sur la nature. Ceux qui naissent sous le joug ne regrettent pas une liberté qu’ils n’ont jamais connue, et la servitude les rend peu à peu sans courage.
ExempleLycurgue éleva deux chiots du même lait, l’un au logis, l’autre à la chasse : devant une soupe et un lièvre, chacun courut à ce qu’il connaissait.
- dénonce les ruses du pouvoir :
Les tyrans amusent leurs sujets avec des spectacles, des jeux et des distributions de vivres, se parent de titres flatteurs et s’entourent de mystère religieux. Ces appâts rendent les peuples aussi dociles que des enfants distraits par des images.
ExempleÀ la mort de Néron, le peuple romain, qui gardait le souvenir de ses jeux et de ses banquets, faillit prendre le deuil.
- révèle le ressort secret :
Ce ne sont pas les gardes qui protègent le tyran, mais cinq ou six favoris qui en tiennent six mille, lesquels en tiennent des millions, chacun trouvant intérêt à la tyrannie. Ces complices vivent pourtant dans la peur, car le tyran n’aime personne : l’amitié n’existe qu’entre gens de bien.
ExempleSénèque et Burrhus, proches conseillers de Néron, finirent eux aussi victimes du maître qu’ils avaient servi.
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Sources
- Discours de la servitude volontaire — Wikipédia — CC BY-SA 4.0
- Q3030191 — Wikidata — CC0 1.0
- Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, transcription de Charles Teste (1836), Les Classiques des sciences sociales (lecture du livre) — Domaine public
- Wikipedia (English) — Discourse on Voluntary Servitude — CC BY-SA 4.0
Texte sous licence CC BY-SA 4.0.
Wikidata : Q3030191
Crédits des images
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