
Claude Lorrain, Sunrise, 1646
En bref
Recueil d’aphorismes de Friedrich Nietzsche qui sape la confiance en la morale, la ramène à l’obéissance aux mœurs et ouvre la voie à une passion de connaître.
L’essentiel
L’essentiel
Aurore
- annonce son projet :
Dans l’avant-propos ajouté en 1886, Nietzsche se décrit comme un être souterrain qui creuse sous les fondations où les philosophes bâtissent depuis des millénaires. Depuis Platon, et jusque chez Kant, la morale a selon lui si bien séduit les penseurs qu’elle les a empêchés de la questionner.
« je commençai à saper notre confiance en la morale »
Avant-propos, § 2 - remonte à ses origines :
Pendant des millénaires, être moral signifiait obéir aux coutumes de la communauté, sous la menace de châtiments surnaturels. Toute pensée individuelle y passait pour dangereuse, et les idées nouvelles n’ont pu s’imposer qu’en se donnant les apparences de la folie ou de l’inspiration divine.
ExemplePour être crus, les novateurs devaient passer pour fous ou possédés : la folie servait de laissez-passer aux idées neuves.
- en conteste le fondement :
Nietzsche ne nie pas qu’il faille éviter certains actes et en encourager d’autres, mais il conteste les raisons qu’on en donne : les jugements moraux reposent selon lui sur des erreurs, comme l’alchimie sur de fausses hypothèses. Nos appréciations, empruntées par crainte dès l’enfance, sont d’ailleurs rarement les nôtres.
ExempleIl faudrait d’abord changer notre manière de juger, puis, bien plus tard sans doute, notre manière de ressentir.
- soupçonne les vertus admises :
Nietzsche voit dans la morale moderne de la pitié un dernier écho du christianisme, qui tend à effacer l’individu au profit du groupe ; la compassion, dit-il, peut accroître la souffrance et paralyser qui veut aider. L’éloge du travail servirait de même à tenir chacun en bride et à étouffer l’indépendance.
ExempleLe travail, note-t-il, épuise les nerfs et laisse peu de place à la réflexion, aux rêves ou à l’amour : c’est la meilleure des polices.
- ouvre une perspective :
Libérée de la foi en une âme immortelle, l’humanité peut prendre son temps, se tromper et faire des expériences sur elle-même. La connaissance devient une passion prête à tous les sacrifices, et le livre s’achève sur des aéronautes de l’esprit qui volent toujours plus loin, au risque d’échouer devant l’infini.
ExempleLe serpent meurt s’il ne peut muer ; de même, l’esprit qu’on empêche de changer d’opinion cesse d’en être un.
Quiz
Comment Nietzsche se décrit-il au début de l’avant-propos ?
Ressources
Autour d’Aurore
Pour aller plus loin

Edvard Munch, Friedrich Nietzsche, 1905
PhilosophieLe Gai SavoirFriedrich NietzscheRecueil d’aphorismes de Friedrich Nietzsche, ici dans l’édition de 1887, qui annonce la mort de Dieu et invite à aimer la vie telle qu’elle est, avec gaieté.- PhilosophieLa Généalogie de la moraleFriedrich NietzscheLa Généalogie de la morale.

Humain, trop humain
PhilosophieHumain, trop humainFriedrich NietzscheHumain, trop humain.
Sources
- Friedrich Nietzsche, Aurore, traduction d'Henri Albert (domaine public, lecture du livre) — Domaine public
Texte sous licence CC BY-SA 4.0.
Citations : Wikiquote, sous licence CC BY-SA.
Crédits des images
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