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Le Mage du Kremlin

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En bref

Une nuit, Vadim Baranov, ancien producteur de télévision devenu conseiller du Tsar, raconte comment il a mis en scène le pouvoir de Poutine, de la propagande à la guerre.

L’essentiel

L’essentiel

Le Mage du Kremlin

  1. Le dispositif :

    Un universitaire français venu à Moscou étudier Evgueni Zamiatine, l’auteur de Nous, est conduit une nuit chez Vadim Baranov, l’ancien conseiller surnommé le mage du Kremlin. Jusqu’à l’aube, devant sa bibliothèque, Baranov lui raconte quinze ans passés au service du Tsar. Le roman mêle des figures réelles, comme Poutine, Berezovsky ou Limonov, à une vie privée et à des dialogues imaginés.

    ExempleBaranov publie des textes énigmatiques sous le pseudonyme de Nicolas Brandeis, un personnage secondaire emprunté à Joseph Roth.

  2. Le parcours :

    Petit-fils d’un aristocrate chasseur et fils d’un universitaire soviétique déchu, Baranov quitte le théâtre pour produire des émissions de télé-réalité dans le Moscou des années 1990. L’oligarque Boris Berezovsky lui propose alors de cesser d’inventer des fictions pour fabriquer la réalité. Face au chef du FSB, Vladimir Poutine, il plaide pour une autorité verticale et mystérieuse, en contraste avec un Eltsine épuisé.

    ExemplePour lancer Poutine, Baranov prend Greta Garbo pour modèle : une star qui se dérobe gagne en prestige, et la distance nourrit la vénération.

  3. La méthode :

    Devenu conseiller, Baranov voit d’abord en Poutine un grand acteur, capable de se transfigurer devant les caméras après les attentats de 1999. Sa conviction : la colère du peuple ne disparaît jamais, il faut lui offrir des exutoires, comme Staline le faisait avec ses procès mis en scène. L’arrestation de l’oligarque Khodorkovski devient ainsi un spectacle destiné à rassurer la foule et à intimider les autres puissants.

    ExempleIronie du roman : Mikhaïl, le rival qui avait séduit Ksenia, l’amour de jeunesse de Baranov, n’est autre que Khodorkovski, dont il met en scène la chute.

  4. La stratégie :

    Après la révolution orange en Ukraine, Baranov veut garder la main sur toutes les forces de la colère : motards des Loups de la nuit, supporters ultras, jeunes communistes ou militants orthodoxes. Avec Evgueni Prigojine, il imagine ensuite une usine à trolls qui ne défend aucune cause et attise tous les camps à la fois en Occident. Être démasqués fait partie du plan : la peur des Russes renforcera le mythe de leur puissance.

    « Notre seule ligne, c’est le fil de fer. Nous le tordons d’un côté et nous le tordons de l’autre. Jusqu’à ce qu’il se casse. »

    Chapitre 24, p. 220
  5. Le dénouement :

    Dans le Donbass, un chef de milice tend à Baranov une poupée trouvée dans les ruines, et le conseiller mesure enfin le prix de ses stratégies. Frappé par les sanctions occidentales et lassé de la Cour, il démissionne et se consacre à sa fille Anja, née de son union avec Ksenia. Il prédit aussi l’avènement d’un pouvoir absolu fondé sur les machines, version moderne du Bienfaiteur de Zamiatine.

    « Tout le bonheur que j’ai connu dans le monde est concentré ici, en un mètre dix de hauteur. »

    Chapitre 31, p. 277

Quiz

Question 1 sur 5

Sur quel écrivain le narrateur travaille-t-il quand il rencontre Baranov ?

Ressources

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Sources

Texte sous licence CC BY-SA 4.0.